Accueil


Drumo Tete
de 1942 à 2002
Église Anglicane du Congo
République Démocratique du Congo

Drumo Tete naquit en 1942 à Adi. Il venait du village Izorili, collectivité des Kakwa, dans la région nord-est de la République Démocratique du Congo. Le nom Drumo, en kikakwa, veut dire "on m'entoure." Le père de Drumo soupçonnait que les gens du village s'attroupaient chaque fois pour parler négativement de lui. Tete est le nom de son grand-père. Il hérita ce nom en 1974 quand le maréchal Mobutu obligea les Zaïrois (aujourd'hui appelés les Congolais) à abandonner leurs noms occidentaux pour prendre des noms authentiquement africains. Il remplaça son nom de baptême, Sylvain, par le nom de son grand-père.

Les parents de Drumo étaient des chrétiens de la African Inland Mission. Son père s'appelait Ayile-lo-Gama et il était agronome. En 1945 il quitta le village avec toute sa famille pour se rendre à Aba où il se fit ouvrier d'un blanc. Drumo perdit sa mère en 1962 puis son père en 1993. Il avait deux frères et une sœur.

Il passa une bonne partie de sa jeunesse à Aba. C'était un enfant et un adolescent turbulent et il dérangeait souvent ses contemporains. Il ne fit que les six ans de l'école primaire. Pendant un certain temps, il se fit boy (domestique) chez un sujet congolais. Puis, en 1963, il s'enrôla dans la rébellion de Mulele. Après la défaite du mouvement, il s'enfuit en Ouganda en 1965.

Drumo se maria d'abord à la maman Akuzo qui lui donna une fille. Mais après la mort de leur fille, Maman Akuzo quitta le mariage en 1954. Dix ans plus tard Drumo se remaria à la maman Sutuke Akolo, une chrétienne de la Church of Uganda. Ils eurent dix enfants dont cinq garçons et cinq filles.

Pendant qu'il se trouvait à Arua (Ouganda), il eut des visions sur un des versets de l'épître de Jude. Cela le poussa à se convertir au christianisme. Il fut baptisé en 1970 à Pazulu (Ouganda) au sein de la Church of Uganda.

Drumo commença son ministère en Ouganda où il était d'abord responsable des choses matérielles de l'Église d'Oko de 1974 à 1975. Puis il devint catéchiste de la même chapelle jusqu'en 1978. En 1978, il fit une année à l'école biblique d'Adalafu (Ouganda). Avec la chute du dictateur Idi Amin en 1979 Drumo, qui craignait des représailles contre la tribu de Idi Amin (la tribu kakwa), étant lui aussi kakwa, préféra rentrer au Congo avec toute sa famille. De 1980 à 1982, il s'inscrivit à l'Institut Biblique de la CECA-20 Adi.

Au Congo il fut affecté comme catéchiste à la chapelle de Likiling'a, au sein de la Communauté Évangélique au Centre de l'Afrique (C.E.C.A-20) pendant quelques années. Lorsque l'Église Anglicane s'implanta dans la région en 1984, Drumo dut la réjoindre et fut affecté comme enseignant à l'école biblique d'Izorili de 1986 à 1987. De 1987 à 1990 il était catéchiste à Ilimika. Alors, de 1990 à 1991, il fit l'Institut Biblique Saint Apolo Kivebulaya du diocèse de Boga. Enfin, en 1991, il fit l'Enseignement Théologique par Extension (E.T.E).

De 1991 à 1993 il travailla comme évangéliste à Izorili, puis à Abirife de 1993 à 1995. Après cela, il fut nommé évangéliste itinérant dans tout l'archidiaconé de Kumuru, avec sa passion plus tournée vers l'ouest, vers Watsa. Pendant environ une année, il dut parcourir toute l'étendue de l'archidiaconé de Kumuru en annonçant la bonne nouvelle de Jésus-Christ.

Drumo était reconnu pour son amour pour tous, son réconfort dans les difficultés, son zèle dans l'enseignement, sa compassion vis-à-vis des éprouvés, et son don pour la création de nouvelles chapelles. Sa famille constituait un véritable lieu de culte. Chaque soir, il y avait louange et adoration dans sa famille et Drumo dirigeait bien les cantiques.

En 1991 Drumo fut atteint de la lèpre lorsqu'il était à l'école biblique de Boga. Bien que malade, il continua son ministère pendant environ douze ans. En novembre 2002, on découvrit qu'il avait une hernie en plus de la lèpre. On l'amena à l'hôpital d'Adi et il succomba pendant l'opération chirurgicale. Il fut enterré dans son village natal d'Izorili un jour de pluie.

Haïssant et reprochant toujours le mal, Drumo était un personnage très important dans sa famille et dans l'église. C'était le premier serviteur de Dieu dans son village.

Resa Siribha



Bibliographie:

Paipai Ayinya, un sage dans le village, interview du 12 juin 2002.
Sutuke Akolo, veuve du défunt, interview du 13 juin 2002.
Sayo Ako, fille du défunt, interview du 13 juin 2002.
Alio Lokudu, fils du défunt, interview du 13 juin 2002.


Cet article, reçu en 2005, est le produit des recherches de Resa Siribha, étudiant en théologie sous la direction du Révérend Yossa Way. Ce dernier est professeur de théologie et coordinateur de liaison du DIBICA à l'Institut Supérieur Théologique Anglican (Bunia, Rép. Dém. du Congo) ainsi que récipiendaire de la bourse du Projet Luc en 2001.


Accueil