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Beyzim, Jean
De 1850 à 1912
Catholique
Madagascar

Né le 15 mai 1850 en Wolinie en Pologne, Jean Beyzim entra au noviciat de Galicie et fut ordonné prêtre à Cracovie, le 26 juillet 1881.

Il fut d'abord affecté pendant onze ans au Collège de Chirow, mais, dès son noviciat, il avait eu l'idée de se mettre au service des lépreux. Une demande d'affectation pour une petite léproserie à Mangalore aux Indes ne put aboutir, aussi se tourna-t-il vers les Jésuites de Madagascar qui lui donnèrent leur accord. Il se mit dès lors à rassembler des ressources en Pologne pour les lépreux et s'embarqua à Marseille sur l'"Oxus" en 1898.

Il commençait à quarante-huit ans sa mission auprès des lépreux et fut affecté sur les Hauts Plateaux à la léproserie d'Ambahivoraka. C'était un ensemble de quatre immenses baraques où 150 lépreux vivaient dans le plus grand dénuement: ni médecin, ni infirmier, ni remèdes et, pour nourriture, une ration de riz de un litre par semaine. Le P. Beyzim se mit à l'œuvre, cumulant toutes les fonctions, s'efforçant d'arracher ses malades à la mort par inanition et tourmenté par leur misère morale. Ils habitent ensemble, écrit-il "catholiques et païens, hommes, femmes, enfants, pêle-mêle, comme des bêtes."

Devant une telle situation, le P. Beyzim présenta au Supérieur des Jésuites à Tananarive un projet d'hôpital convenable sans lequel toute tentative d'amélioration serait vaine. Le devis s'élevait à 30 000 francs mais la Mission était pauvre. Le P. Beyzim se mit à diffuser des lettres auprès de ses compatriotes polonais et, fin 1900, il avait déjà amassé 25 000 francs.

En raison de l'existence d'un établissement administratif de sept cents lits dans la région de Tananarive, il fallut rechercher ailleurs l'implantation du futur hôpital. La Mission disposait d'un terrain à Fianarantsoa et c'est ainsi que le P. Beyzim s'établit à Marana et commença en 1903 la construction de deux pavillons, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes. Les lépreux d'Ambahivoraka avaient été dirigés sur l'établissement officiel, mais plusieurs d'entre eux préfèrent rejoindre le P. Beyzim à Marana.

Les travaux de l'hôpital pour 200 malades furent complètement achevés en 1911. Il comportait tout un ensemble d'installations sanitaires avec eau courante et quatre baignoires, une organisation prévoyant fourniture de linge, de vêtement, de draps et du personnel pour différentes tâches: infirmières, cuisinier, etc. Des religieuses s'étaient jointes aux P. Beyzim pour l'aider dans sa tâche. Chaque malade apportait sa contribution au travail dans la mesure où son état de santé le lui permettait. Cette maison au mode de vie particulier ressemblait plus à un couvent qu'à un hôpital et son fondateur avait autant le souci des âmes que celui des corps. Indépendamment de son œuvre à Marana, le P. Beyzim avait écrit un petit dictionnaire polono-malgache et il rédigeait également des articles pour la revue polonaise "Les Missions Catholiques."

Le décès du P. Beyzim survenu le 2 octobre 1912 eut un grand retentissement; de nombreux journaux en France, en Irlande, en Allemagne parlèrent de son dévouement auprès des lépreux, notamment l'Echo de Paris du 31 janvier 1913 et une revue polonaise, la Chronique Universelle. Un article publié par le Gaulois du 8 décembre 1912 déclare entre autres: "A l'arrivée du Père, parmi ses premiers malades, on comptait cinq décès par semaine; grâce à ses efforts, on n'en comptait plus que cinq par an".

Raymond Delval


Bibliographie:

Un volontaire de la lèpre, le Père Beyzim (1850-1912) par M. Czerminsky s.j: traduit et adapté du polonais par L. de Broël Plater, Editions de l'Apostolat de la Prière, 9, rue Montplaisir, Toulouse, 6 juillet 1931.


Cet article, réimprîmé ici avec permission, est tiré d'Hommes et Destins: Dictionnaire biographique d'Outre-Mer, tome 3, publié en 1977 par l'Académie des Sciences d'Outre-Mer (15, rue la Pérouse, 75116 Paris, France). Tous droits réservés.




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