Accueil


Okoro, Edward Burke
De 1912 à 1994
Église catholique
Le Nigéria

L'évangélisation chrétienne d'Igboland [la région Igbo], dans l'est du Nigéria, était surtout un projet irlandais. Les missionnaires irlandais ont parcouru la région Igbo de haut en bas pour y planter la semence du christianisme. Les récits des succès de ces missionnaires sont bien connus, mais ceux de personnages locaux comme Edward Burke Okoro ne le sont pas. Le zèle d'Okoro pour l'œuvre missionnaire a posé le fondement dans l'établissement et la croissance de l'église catholique à Egbu-Owerri.

Okoro est né en 1912, le troisième enfant et le seul fils de sa mère dans une famille polygame. Ses parents, Mazi Okoro et Egeolu, n'étaient pas chrétiens. Okoro a perdu ses parents alors qu'il était tout petit: son père est mort quand il avait trois ans, et sa mère est morte six ans après. Comme il venait d'une famille polygame, aller à l'école était difficile pour le jeune Okoro.

Vers le milieu des années 1920, il a reçu son certificat de sixième année [standard six]. C'est à cette époque qu'il s'est converti au catholicisme, une action qui l'a empêché de devenir instituteur dans les écoles locales, qui étaient pratiquement toutes gérées par l'église anglicane. A l'époque, l'enseignement était une profession très désirable, et tout élève sérieux en rêvait. L'église l'a absolu et on l'a préparé à prendre l'eucharistie, qu'il a reçue du révérend père Fox à Emekuku, une mission catholique proche qui était aussi le lieu central du catholicisme à l'époque. Emekuku desservait la région environnante qui est connue, aujourd'hui, sous le nom d'Imo State.

En 1938, au début de la deuxième guerre mondiale, Okoro est devenu soldat pour aller combattre en Birmanie (le Myanmar actuel). Dès son retour en 1944, il a commencé à travailler pour la Shell British Petroleum [compagnie pétrolière britannique]. C'était le premier homme originaire d'Owerri, qui est désormais la capitale d'Imo State, à être embauché par la compagnie.

Alors qu'il travaillait comme surintendant chez Shell, il a rebâti, à lui seul, l'église catholique à Egbu et la maison des instituteurs, bâtiments qui étaient tous deux encore en terre battue à l'époque. C'était la première maison en béton de toute la région. Tout le matériel pour la construction de l'église et pour la maison du directeur a été contribué par la société Shell. Cet acte de bienveillance de la part d'Okoro envers l'église catholique à Egbu a donné lieu à des changements positifs pour la ville et pour ses habitants. L'école offrait maintenant des cours allant jusqu'à la quatrième année [standard 4], permettant aux indigènes d'atteindre à un haut niveau académique. Ils n'avaient plus besoin de faire le long chemin difficile jusqu'à Emekuku pour aller à l'école à ce niveau. La perspicacité et la générosité d'Okoro dans ce projet ont été d'une importance remarquable.

Avant le début de la guerre civile du Nigéria (1967-1970), Okoro a travaillé pour le département des travaux publiques à Owerri. Quand la guerre a commencé, il a rejoint l'armée et a lutté du côté de son peuple, les Biafra. Son expérience pendant la guerre l'a amené à sa deuxième conversion, c'est-à-dire, au désir de servir Dieu et son peuple, la communauté catholique Egbu, comme catéchiste. Ainsi en 1970, quand la guerre s'est terminée, Okoro a pris sa retraite du secteur public pour donner le reste de sa vie à Dieu, un service qu'il a continué jusqu'à la fin de sa vie.

La philosophie d'Okoro était simple : "Servir Dieu et l'humanité." Il a donné l'exemple de ce service désintéressé rendu à la communauté en encourageant un de ses fils à devenir prêtre catholique. Quand son fils, le révérend père Ebenezer Okoro, a été ordonné en 1989, c'était la deuxième ordination d'un prêtre catholique dans la communauté Egbu. [1]

Okoro a appris des leçons dans sa vie personnelle qui lui ont permis de donner l'exemple aux autres. Comme il venait d'une famille polygame, il avait appris à accepter les obstacles et à valoriser le travail assidu. Comme il vivait à Egbu, région à majorité anglicane, il avait appris l'importance de l'harmonie et de la tolérance parmi les différentes communautés chrétiennes. Il s'efforçait de vivre toutes ces choses au jour le jour.

Okoro était aussi un véritable évangéliste. A son égard, Mazi Oparaekwu a dit : "Pendant plus de vingt ans, l'engagement pastoral d'Okoro a marqué une renaissance du catholicisme et le commencement des vocations." Sa vie était marquée par les visites à domicile et par l'instruction du catéchisme, deux éléments qui ont inspiré les vocations de prêtre à Egbu. Cette croissance de la foi a élevé Egbu au niveau de "paroisse" en 2002, et depuis cette année, on dit qu'Egbu était, "la pierre rejetée qui est devenue la pierre angulaire."

Okoro est mort le 24 janvier 1994. L'évêque Victor Chikwe, du diocèse d'Ahiara-Mbaise, où Okoro avait servi de catéchiste, dans l'homélie offerte lors de la messe funèbre d'Okoro a dit, "Le St. Paul de notre époque, c'était Pa Edward Burke Okoro. Il n'est plus parmi nous, mais son témoignage vit parmi nous." En signe de reconnaissance pour le service d'évangélisation et de catéchisme qu'Okoro avait rendu, il a été enterré devant l'église qu'il avait bâtie pour la communauté.

Martin Ohajunwa


Notes:

1. Le premier indigène de la communauté catholique Egbu à être ordonné prêtre était le père Justin Mbonu, en 1978.

Sources:

1. E. Okoro, fils de M. Edward Burke Okoro. Entrevue donné en 2005.
2. Oparaekwu I. "The History of Sacred Heart Catholic Church, Egbu" [L'histoire de l'église catholique du sacré cœur à Egbu]. Manuscrit non publié, 2004.



Cet article, reçu en 2004, est le fruit des recherches du père Martin Ohajunwa, prêtre dans l'archidiocèse d'Owerri et étudiant en maîtrise dans le département des études religieuses et culturelles, Université de Port Harcourt, Nigéria, sous la supervision du professeur Protus O. Kemdirim, coordinateur de liaison du DIBICA à l'Université de Port Harcourt et coordinateur régional du DIBICA pour le Nigéria.




Accueil