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Bokwe, John Knox
De 1855 à 1922
Presbytérien
Afrique du Sud

John Knox Bokwe est honoré comme un des meilleurs écrivains de cantiques Xhosa. Il s'appelait Ntselamanzi, et il était membre du clan des Ngqika Mbamba. Il est né le 15 mars, 1855, près de Lovedale.

Il a grandi dans le district, et c'est là qu'il est devenu leader dans l'église presbytérienne par la suite. Son père Jacob était un des premiers élèves inscrits à Lovedale quand cette institution éducative a ouvert les portes le 21 juillet, 1841.

Jacob a donné à son plus jeune fils le nom de l'ecclésiastique écossais presbytérien John Knox. Lorsqu'il était encore garçon, il était élève dans l'école missionnaire locale et avait comme enseignants William Daniel Msindwana et William Kolbe Ntsikana, petit-fils de Ntsikana, le prophète et écrivain de cantiques Xhosa. En 1866, il a été admis aux classes préparatoires de l'Institution Lovedale. Il a continué ses études au collège de cette institution, et a terminé ses études quatre ans plus tard, en 1869 (Stewart 1888:22).

Dès un jeune âge, Bokwe a travaillé dans l'institution pour aider à couvrir ses frais. En 1867, il travaillait dans la maison missionnaire et gagnait une demi-couronne (25 cents) par mois, et il était nourri. Petit à petit, son revenu et ses responsabilités ont grandi jusqu'à ce qu'il devienne secrétaire du directeur. Pendant ce temps, Mme. Stewart lui donnait des leçons de piano et d'orgue, et il a pu acquérir une compétence à ces deux instruments. En plus, il est devenu membre de la fanfare de Lovedale (Huskisson 1969:8).

Une jeune fille qui s'appelait Lettie Ncheni était aussi dans l'emploi de la maison des Stewart. Elle y a travaillé de 1868 jusqu'à 1873, alors qu'elle prenait les cours du soir. A partir de 1871, elle était aussi inscrite aux cours normaux. Cinq ans plus tard, elle a accompagné Mme. Stewart quand celle-ci est allée en Ecosse. Ils sont restés à l'étranger pendant trois ans, et quand ils sont rentrés, Lettie est devenue la femme de John Knox Bokwe (Waterson 1983:31). En 1879, à Lovedale, Bokwe a écrit une lettre au dr. Laws de la mission de Blantyre et lui a dit: "En ce qui concerne Lettie et moi, nous allons bien et nous sommes heureux. Dieu et tous ceux qui sont ici semblent nous traiter avec beaucoup de gentillesse et beaucoup d'amitié." Il a aussi exprimé dans la lettre combien ils étaient heureux d'avoir leur propre maison (MS 7902:1879).

En attendant, Bokwe a occupé de nombreux postes, et montait en grade. L'ancien assistant de la maison et des écuries des Stewart est devenu employé de bureau, aidant à faire publier le magazine de Lovedale, le "Kaffir Express" en 1870. Plus tard, il a été responsable de la station télégraphique de Lovedale, et en 1876, il est devenu comptable, interprète, et secrétaire privé du directeur. D'autres tâches ont été ajoutées: chef de la poste, directeur de la chorale, caissier, et même parfois, enseignant.

A partir de 1875, Bokwe a commencé à composer des cantiques. Il a pu visiter l'Ecosse, et il chantait ses cantiques d'une voix ténor dans les rencontres sociales. En 1897, il a quitté Lovedale pour rejoindre John Tengo Jabavu comme coéditeur d'Imvo Zabantusundu. Dans une adresse de la part des employés de Lovedale datée le 13 décembre, 1897, ses collègues ont exprimé leur "regret sincère" qu'il quittait l'institution. Ils lui ont donné les 25 livres Sterling qu'ils avaient pu collecter ainsi qu'une Bible, remarquant qu'au cours des 31 ans qu'il avait passé au service de l'institution, il était devenu partie intégrale et essentielle de Lovedale. Après son départ, Bokwe s'est vite rendu compte que son appel véritable était d'être ministre et non journaliste. Il est rentré en Ecosse pour faire une formation, et il a été ordonné dans l'église presbytérienne en 1906.

On a mis l'assemblée d'Ugie entre les mains de Bokwe, et il a aussi participé à de nombreuses campagnes d'évangélisation. En 1920, il a été obligé de prendre la retraite à cause de sa santé défaillante, et une fois de plus, il s'est installé près de Lovedale. Il a passé ses dernières années à aider le dr. Henderson, qui était le directeur, à traduire les Psaumes versifiés en Xhosa.

Bokwe a contibué de manière exceptionnelle à la musique religieuse Xhosa. Il a aidé à faire publier le premier recueil de cantiques Xhosa en 1884. Il a composé la musique du "grand cantique" (Ulothixo Omkhulu) de Ntsikana et a aussi écrit la biographie de celui-ci. Il a publié un livre de ses propres compositions en 1885, intitulé Amaculo ase Lovedale, soit "musique de Lovedale." Parmi ses œuvres, on compte Ntsikana's Bell [La cloche de Ntsikana], Heavenly Guide [Guide céleste], Wedding Song [Cantique de marriage], et Vuka Deborah.

Bokwe s'est marié deux fois et il a eu cinq enfants: Barbour, Roseberry, Selbourne, Frieda Pearl et Waterstone (Jabavu 1982:18). Roseberry Tandwefinka (1900-1963) est devenue médecin en 1933 et plus tard, elle a été active au congrès national africain (ANC). Frieda a épousé "ZK" (Zachariah Keodirelang) Matthews, l'éducateur, leader d'église et nationaliste africain. Pearl a épousé le compositeur Mark Radebe.

J.A. Millard


Bibliographie:

Carter, G. et T. Karis, éds. From Protest to Challenge: a Documentary History of African Politics in South Africa 1882-1990 [Des manifestations au défi: une histoire documentaire de la politique africaine en Afrique du Sud 1882-1990]. Stanford: Hoover Institution Press and Pretoria: Unisa, 1997.
The Christian Express. 1 janvier 1898.
Huskisson, Y. The Bantu Composers of South Africa. Johannesburg: SABC, 1969.
Jabavu, N. The Ochre People [Le peuple ochre]. Randburg: Ravan, 1982.
MS 7902 Letter from J. Bokwe to Dr. Laws dated 19 November 1879. Bibliothèque nationale de l'Ecosse.
Shepherd, R. Lovedale South Africa: The Story of a Century 1841-1941. Lovedale:Lovedale Press, 1941.
Stewart, J. Lovedale Past and Present: A Register of Two Thousand Names [Lovedale au passé et au présent: un registre de deux mille noms]. Lovedale: Lovedale Press, 1888.
Waterstone, J. The Letters of Jane Elizabeth Waterstone 1866-1905. Edité par L. Bean et E. Van Heyningen. Cape Town: Van Riebeck Society, 1983.



Cet article est reproduit, avec permission, de Malihambe - Let the Word Spread, copyright © 1999, par J.A. Millard, Unisa Press, Pretoria, South Africa, Tous droits réservés.




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