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Mukasa Balikuddembe, Joseph
c. 1860 à 1885
Catholique
Ouganda

Joseph Mukasa Balikuddembe est né dans le compté de Mawakota, aux rives du lac Victoria, dans le royaume de Buganda. Son père, Kajwayo, était membre des kayozi, le clan des rats géants, et sa mère était cousine de Mazinga, une des huit femmes de Kajwayo, et membre de la tribu Nyoro. Mukasa a été élevé par Mazinga, mais à l'âge de six ans, il a été envoyé vivre dans la maison d'un homme appelé Kabadzi. Il a grandi en bonne santé, et il était intelligent et grand pour son âge, avec une réputation de sportif très doué. Vers 1874, quand il avait quatorze ans, Mukasa a été présenté au roi (kabaka) Mutesa I pour qu'il devienne un de ses nombreux pages. A l'époque, la cour royale se situait à Kasubi, site présent des tombeaux royaux à Kampala. C'est là que Mukasa a passé les onze dernières années de sa courte vie.

Les officiels qui étaient responsables de Mukasa n'avaient jamais de quoi se plaindre à son égard, et il était aussi populaire parmi les pages. Sous peu, il était employé dans les appartements privés du roi. Les missionnaires d'Afrique (les pères blancs) sont arrivés en Ouganda en 1879, et Mukasa était déjà inscrit au catéchisme l'année d'après. Faisant exception à la règle du catéchisme de quatre ans, Mukasa a été baptisé par le père Siméon Lourdel le 30 avril, 1882, avec André Kaggwa, un autre futur martyr. Il a reçu "Joseph" comme nom de baptême.

De novembre 1882 jusqu'en juillet 1885, pour des raisons de sécurité, les missionnaires catholiques ont été obligés de quitter la mission en Ouganda et de vivre provisoirement aux rives sud du lac Victoria. En leur absence, Joseph Mukasa est vite devenu leader et enseignant des pages royaux catholiques, s'occupant de leur bien-être physique, spirituel, et moral. Il est aussi devenu l'intendant favori du roi, celui à qui le roi faisait confiance, jusqu'en 1884, quand le roi est mort.

Quand Mwanga est devenu roi, Joseph Mukasa a été réassigné au service royal, et il est resté intendant personnel du roi. Il a aussi été fait majordome de la maison royale, et le roi lui a donné la permission de le reprendre s'il trouvait que celui-ci avait agi de manière malséante. Il a pu intercéder favorablement auprès de Mwanga de la part de Sarah Nalwanga, une femme convertie anglicane qui avait été condamnée à mort. Aussi, il a pu aider Mwanga à éviter un complot qui le menaçait de mort, vers le début de 1885. Cependant, il a aussi commencé à aliéner le roi en protégeant les pages dont il était responsable des pratiques homosexuelles du roi, en lui suppléant de laisser de côté ses amulettes, et en organisant des cours de catéchisme ouvertement à la cour.

Vers la fin du mois d'octobre, en 1885, après le retour des missionnaires, on savait que l'évêque anglican Hannington faisait route vers l'Ouganda par voie terrestre, en passant par le Kenya, au lieu de suivre le trajet normal, qui passait par le sud du lac Victoria. Cette nouvelle, qui accompagnait aussi les rumeurs sur les développements colonialistes britanniques et allemands à la côte, ainsi que l'influence croissante des missionnaires à la cour, ont suffi à persuader Mwanga qu'il devait tuer Harrington. Le 28 octobre, Mwanga a fait venir Joseph Mukasa, qui l'a supplié de ne pas tuer l'évêque, ajoutant que son père, Mutesa, n'avait jamais tué un européen. Mutesa l'a ignoré, et cinq jours plus tard, la nouvelle du meurtre de Hannington a atteint Kampala.

En novembre, Mwanga a tenté d'accuser les catholiques d'avoir porté atteinte à sa vie en essayant d'utiliser les effets secondaires d'un médicament qui lui avait été administré par Lourdel comme excuse. Dans un entretien mémorable (qui a duré une nuit entière) avec Joseph Mukasa, Mwanga a librement exprimé le ressentiment qu'il avait pour le majordome, pour l'insulte qu'il avait reçue à propos de la mort de Harrington, et pour son blocage des vices du roi. Le lendemain, Joseph a reçu la communion de la part de Lourdel, et a servi d'assistant lors de l'eucharistie. Appelé une fois de plus devant le roi, celui-ci l'a condamné à mort, expliquant clairement qu'il devait mourir à cause de sa foi. On a emmené Joseph à un endroit près de la rivière Nakivubo, entre les collines de Mengo et de Nakasero. C'est là qu'il a pardonné le roi et ses autres ennemis avant qu'on le poignarde et qu'on brûle son corps jusqu'aux cendres sur un bûcher funéraire.

Aylward Shorter M. Afr.


Bibliographie:

J.F. Faupel, African Holocaust [Holocauste africain] (Nairobi, St. Paul's Publications Africa, 1984 [1962]).
J.P. Thoonen, Black Martyrs [Martyres noirs] (London: Sheed and Ward, 1941).



Cet article, soumis en 2003, a été recherché et rédigé par le dr. Aylward Shorter M. Afr., directeur émerite de Tangaza College Nairobi, université catholique de l' Afrique de l'Est.




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