Collection DIBICA Classique

Tous les articles créés ou soumis au cours des vingt premières années du projet, de 1995 à 2015.

De Foucauld, Charles Eugène (C)

1858-1916
Église Catholique
Algérie , Tunisia , Maroc

Charles de Foucauld

Il y a plusieurs jours déjà, qu’un lecteur inconnu consulte des ouvrages de géographie à la Bibliothèque nationale d’Alger, dont le directeur est Mac Carthy, peu connu du grand public, mais que, cependant, les sociétés savantes n’ignorent pas: il a mené une vie errante à travers les trois départements algériens, il a recueilli une documentation importante. Il avait bien obtenu une mission d’exploration dans toute la région saharienne s’étendant au sud de l’Atlas, mais des causes diverses, dont l’une, majeure, son impécuniosité, ont empêché la réalisation d’un beau rêve. Il n’en fut pas moins à l’origine de l’exploration saharienne et des chemins de fer algériens. A ce titre son attention est attirée par ce jeune homme qui paraît un passionné de la géographie. Il l’aborde. La Providence a ménagé cette mémorable et inestimable entrevue. Ce jeune homme était le vicomte Charles de Foucauld.

C’est grande liesse à Strasbourg le 15 septembre 1858 dans la famille de Foucauld: son cercle s’élargit en la personne d’un enfant à qui l’on donne le prénom de Charles ; son hérédité, cette “geôle”, dont parle Bourget, est lourde de glorieux souvenirs, d’éminents services tant à l’honneur de la France, qu’à l’honneur de l’Eglise. Mais à peine âgé de six ans, Charles devient orphelin de père et de mère. Confié à son grand-père, il ne fut pas compris: aucun être humain ne peut réellement comprendre un autre être humain, personne ne peut, en vérité, tout arranger pour le bonheur d’un autre. Lancé dans les études secondaires, hautain, de caractère entier, il sent vivement tout le poids d’une solitude profonde. Mais il est curieux, avide de connaître, il aime la lecture ; à son grand-père, il écrit pendant l’année scolaire tout le plaisir qu’il se promet, lors des vacances, à lire et à relire. De fait, adolescent, il s’est nourri de toute la littérature comme pouvait le faire un jeune homme ouvert aux choses de l’esprit. C’est l’époque de V. Cousin, d’Hegel, de Kant, de Littré, voire même de Baudelaire. Il admire encore les auteurs anciens, il aime Salluste, Epictète. Néanmoins, il n’est pas tombé sur une lettre de Voltaire qui écrivait à une jeune fille, elle aussi amoureuse des lettres: “ Je vous invite à ne lire que les ouvrages qui sont depuis longtemps en possession des suffrages du public et dont la réputation n’est point équivoque. Il y en a peu, mais on profite bien d’avantage en les lisant qu’avec tous les mauvais petits livres dont nous sommes inondés”. Ce conseil, valable au XVIIIe siècle, l’était aussi, et plus encore, au XIXe. Cette absence de critère, de guide dans ses lectures qui présentent les différentes formes de la pensée humaine à travers les siècles sous le même aspect de véracité probable, engendre inévitablement le scepticisme. Par ailleurs, Charles de Foucauld déclare: “Je n’ai eu aucun maître mauvais, tous au contraire, étaient très respectueux; même ceux-là font du mal en ce qu’ils sont neutres”. Et il ajoute: “La foi avec laquelle on décrit des religions si diverses me semblait la condamnation de toutes; moins qu’aucune celle de mon enfance me paraissait admissible avec son 1 = 3 que je ne pouvais me résoudre à poser”. Cependant, “je demeurai douze ans sans rien dire et rien croire. Mais le respect et l’estime étaient restés intacts”. L’Eglise, ses ministres étaient respectés, mais la foi a sombré sous cet amas de connaissances diverses. Un naufrage n’est pas toujours définitif.

Bachelier, il lui faut orienter sa vie. Noble, riche, tout naturellement il entre dans l’armée. Il sera cavalier.

La vie militaire

Son grand-père, le colonel de Morlet, qui l’a élevé depuis la mort de sa mère, aurait désiré, comme ancien polytechnicien, qu’il tente l’Ecole polytechnique. Trop paresseux, il opte pour Saint-Cyr. La flamme du saint-cyrien ne brûle pas son cœur, l’enthousiasme des grandes émotions de l’armée n’illumine pas son âme. Il est sensuel, goûte à tous les plaisirs faciles que sa fortune lui permet de s’offrir. Aussi, il sort de l’Ecole sans éclat et, poussé par le seul esprit de caste, entre à Saumur. Là aussi il mène une vie militaire aussi peu idéale qu’à Saint-Cyr, bien au contraire. Les élèves officiers logent à deux. Le sort lui donne, comme compagnon de chambre, Antoine de Vallombrosa, marquis de Morès. Un pacte d’amitié les liera que nulle adversité ne viendra jamais briser. Mais le goût du plaisir les unira également et leur chambre deviendra un boudoir élégant. Les sorties fastueuses font partie du programme; elles sont minutieusement organisées par le vicomte. Et, cependant, les invités ne sont pas sans remarquer que, pendant ces fêtes, Charles de Foucauld, alors qu’il s’évertuait à rire, à chanter, restait tout d’un coup sans parler, sans bouger, le regard perdu. En définitive, il sort de Saumur quatre-vingt-septième sur quatre-vingt-sept élèves.

Officier, il est nommé au 4e hussards à Pont-à-Mousson, où il se signale encore par ses excentricités. N’imagine-t-il pas de donner une fête de nuit sur les eaux de la Moselle gelée? Des sapins sont allumés pour éclairer et réchauffer les danseurs. Des bassins de punch projettent dans la nuit des lueurs d’incendie. Dans cette ville, il se fera un excellent ami, le duc de Fitz-James.

Mais voici que son régiment part à Sétif. Il met le comble à ses désordres par une inconduite qui oblige l’autorité militaire à intervenir. Le lieutenant de Foucauld est sommé de se soumettre au code d’honneur militaire. L’injonction de son colonel s’exprime par ces mots: “C’est un ordre.” Il se raidit et s’abrite derrière un orgueil ombrageux. Il ne se soumet pas et démissionne. Il se retire à Evian. Velléitaire de la vertu, dans des moments où une sombre tristesse l’accable, il reste le volontaire du dérèglement. Peut-être dans l’intime de son âme reste-t-il les paroles de Saint-Paul. “Je fais le mal que je hais, je ne fais pas le bien que j’aime.” Evian est Capoue.

Mai 1881. Un éclair sillonne l’horizon politique. Bou Amama, aventurier séditieux, provoque rébellion et révolte dans le Sud oranais. On demande des volontaires. Foucauld demande sa réintégration dans l’armée. Le ministre de la guerre, généreux, lui rend son commandement. Campagne précieuse, car c’est un tournant sérieux de la vie de Foucauld.

Sa volonté va s’exercer sur un autre plan, bien plus digne. Il connaît les émotions du danger toujours imminent: embuscades, guérillas, attaques dans la nuit, il estime la valeur des soldats dont il doit, souvent malgré eux, ménager l’existence, il frôle un monde nouveau que bientôt il entoure d’une affection qui lui est rendue. Le sens social s’éveille en lui. Il est pris, s’isolant parfois dans une solitude qu’il aime, par la valeur bénéfique du désert. Et surtout son âme est envahie par une lame de fond de surnaturel en présence du spectacle que lui donnent cinq fois par jour les Arabes se prosternant à terre et prononçant à haute voix: “Dieu seul est grand.” Lui aussi pourra ratifier les paroles qu’écrira plus tard Psichari : “Parce que je sais que de grandes choses se font par l’Afrique, je peux tout exiger d’elle et je peux tout par elle exiger de moi. Parce qu’elle est la figuration de l’éternité, j’exige qu’elle me donne le vrai, le bien, le beau et rien du monde.” Aussi décide-t-il d’en fouiller les mystères. Pour ce faire, il demande un congé; celui-ci lui ayant été refusé, il démissionne. “Jamais arrière”. Le voyage d’Afrique se fera.

La reconnaissance au Maroc

Trop méthodique pour errer à l’aventure, quoique audacieux, il prend conseil et c’est ainsi qu’il se mit en contact avec Mac Carthy, qui sera son véritable mentor, lui fournissant tous renseignements, et même un guide israélite, Mardochée. Lui-même prend un nom juif, un costume juif. Les voilà en route à travers le Maroc, expédition singulièrement téméraire, car aucun Européen ne s’est encore engagé dans ce raid présomptueux. Foucauld s’aperçoit vite que Mardochée, timoré, ne prend pas l’initiative de la marche et qu’il est obligé lui-même de suppléer à cette carence. De fait, les dangers étaient réels, et plusieurs fois, comme prévu, ils furent attaqués. Un jour, entre autres, Foucauld se sentit tiré en arrière de sa monture et précipité à terre. Mardochée et lui sont dévalisés: pendant une nuit, il entendra ses agresseurs discuter sur l’opportunité de laisser la vie sauve à leurs victimes. Libéré, il continue sa route, ne s’arrêtant pas de noter sur un petit carnet toutes ses observations, géologiques, ethnologiques et même sociales; il interroge les uns et les autres, s’enquérant des usages, des mœurs, des régions traversées. Il est, par ailleurs, sensible à la beauté des sites et “Reconnaissance au Maroc” est émaillé de récits idylliques. Il a le bonheur en outre, de trouver des secours inattendus et c’est le miracle de cette aventure, dont il ne cessera de louer Dieu plus tard: démasqué par des caïds qui ne se sont pas leurrés sur sa véritable identité, il a été protégé; il gardera à ses bienfaiteurs une profonde gratitude.

Cette randonnée lui valut la gloire, à laquelle il fut assez insensible. Il était venu en Afrique chercher une activité, un risque qui le libérerait de la tyrannie que le plaisir faisait peser sur lui. “Il est certain, écrit un Bénédictin de la Pierre-qui-Vire, que la double leçon du désert et de l’Islam en prière a contribué à ouvrir l’âme de l’explorateur à des sentiments d’adoration qui ne savaient plus en jaillir, à lui faire reprendre contact avec sa vie profonde, à lui poser inéluctablement les problèmes de l’Infini, de l’Eternel”. Il est avéré qu’il est sur le chemin de la dernière étape où l’attend, selon l’expression de Victor Hugo, “un Christ immense ouvrant ses bras au genre humain.”

La conversion

Rentré à Paris, il s’occupe de l’impression de “Reconnaissance au Maroc”. Cependant, l’idée religieuse le hante. Il a été séduit par l’islamisme, mais il avoue qu’il n’est pas suffisant, qu’il ne résiste pas à un examen un peu approfondi. Il s’en ouvre à celle qui a été, depuis son enfance son “ange gardien”, une cousine germaine de quelques années plus âgée que lui, Marie Montessier, devenue Mme. Olivier de Bondy. Il a pour elle une affection spirituelle qui ne se démentira jamais. Mme. de Bondy est en relation avec l’abbé Huvelin, ancien normalien, qui a donné à Paris des conférences appréciées, qui a été peut-être la bonne étoile de Littré. Elle ménage quelques rencontres avec son cousin qui, toujours inquiet, cherche un prêtre instruit qui lui résoudrait cette fameuse équation de 1 = 3. Charles a repris dans sa bibliothèque un livre de Bossuet qui lui avait été donné pour sa première communion et qui offre de façon imagée une explication de la Sainte-Trinité. Il erre dans les églises de Paris où il passe de longs moments, demandant à Dieu de se révéler à son âme angoissée. Enfin, il s’avance un matin d’octobre 1886 vers le confessionnal de l’abbé Huvelin, se confesse et s’approche de la Table Sainte. II a trouvé Dieu parce qu’il le cherchait …. “C’est que pour nous sauver selon les lois établies par la divine Providence, écrit Bourdaloue, deux conversions sont nécessaires, la conversion de Dieu et la nôtre. La conversion de Dieu à nous, et la conversion de nous à Dieu. Il faut que Dieu se convertisse à nous en nous prévenant par sa grâce, il faut que nous nous convertissions à Dieu en suivant avec fidélité le mouvement de sa grâce.”

Le Trappiste

Une nouvelle vie commence, Foucauld est converti, mais son directeur, l’abbé Huvelin, voulant éprouver ce retournement, conseille un voyage en Palestine. Foucauld obéit quoique certain lui-même de l’appel divin. Il a décidé de se consacrer à Dieu, “de faire ce qui était le plus parfait, quoi que ce fût”. Nazareth fixe son orientation: il entrera à la Trappe. Il déclare qu’il n’est pas fait pour imiter le Christ dans sa vie publique et il ajoute: “Je devais donc imiter la vie cachée de l’humble et pauvre ouvrier de Nazareth.” Il récuse l’apostolat par la prédication, sans doute peu conforme à sa nature amoureuse de solitude et de silence. Et, en outre, il n’a pas oublié l’Afrique vers laquelle il est attiré, le Maroc qui le passionne. Mais, dès lors, il lui faudra déployer une volonté de tous les instants, car son attachement jaloux à son indépendance était le fond moral de son être, il le savait et ce sera là sa lutte profonde, soumettant à son obéissance tous ses actes extérieurs. Il l’écrit à Mme. de Bondy six mois après son entrée au monastère de Notre-Dame-des-Neiges, dans l’Ardèche: “J’ai peine à soumettre mon sens, cela ne vous étonnera pas.” Conscient de cette difficulté, il insistera souvent dans sa correspondance sur sa volonté d’obéissance. Dans sa vie journalière, il se met à l’alignement et c’est avec regret que le supérieur de Notre-Dame-des-Neiges le verra s’éloigner vers le monastère d’Akbès en Asie mineure. Ce lieu de retraite est très pauvre et c’est pour lui un attrait supplémentaire. La discipline y est très sévère, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Et il y a le saint travail des mains qu’il prône, parce qu’il est une plus grande imitation de la vie du Christ: il passe la majeure partie de sa journée à ramasser des pierres et à les transporter dans des paniers, ou à arracher des pommes de terre, tâche fatigante dont il se repose en balayant la chapelle. Et cependant ce n’est pas encore son idéal, il recherche encore plus d’abjection.

Sur autorisation de l’abbé Huvelin, il quitte la Trappe, après avoir été relevé de ses vœux par le Saint-Siège. II se rend à Nazareth où, espère-t-il, il sera le dernier, “le plus méprisé des hommes.” Jardinier chez les Clarisses, les occupations les plus serviles, les plus humbles sont le lot quotidien; il fait les courses en ville, à la poste, il est heureux lorsque son allure de gueux, de mendiant lui attire la risée des enfants de la rue qui vont jusqu’à lui jeter des pierres; il raconte avec joie cet incident à la supérieure du couvent. A ses moments libres, il se rend à la chapelle et s’abîme dans de longues prières et méditations. Il devient pour l’abbesse de Nazareth, comme pour celle de Jérusalem, à laquelle il est adressé sous le prétexte d’une mission à remplir, une énigme singulière, d’autant plus que son allure, ses gestes, décèlent un homme qui n’est pas un miséreux professionnel. L’intuition de ces femmes éminentes ne les trompe pas. Ce valet n’est pas à sa place, sa véritable identité doit être connue. Un jour, tout est révélé dans un colloque secret entre frère Charles et la religieuse à travers les grilles qui la séparent du monde. L’instant de cet aveu fut la divine préparation à un destin nouveau longtemps refusé et retardé: le sacerdoce. Nazareth apparaît donc dans la vie de Frère Charles comme un point crucial, le terme d’une étape particulièrement enrichissante.

Béni Abbès

Dix années se sont écoulées depuis le jour où à Notre-Dame-des-Neiges la porte du monastère s’est refermée sur lui. Le voici de nouveau dans ce lieu de prières. Il vient s’y préparer au sacerdoce. Le 9 juin 1900, à Viviers, il est ordonné prêtre. Il ne retournera pas en Palestine qui surabonde de grâces. Il ira vers les peuples les plus abandonnés: le Sud algérien, le Sahara l’appellent. Attraction du désert, de la solitude du désert, non pas simplement, mais appel des âmes qui doivent être sauvées.

Béni Abbès fut le lieu choisi, loin après Figuig et Colomb-Béchar, en bordure du Grand Erg, la mer de sable. Béni Abbès “est au milieu d’une forêt compacte de six mille palmiers arrosés par une très belle foggara, et sous lesquels sont de beaux jardins et beaucoup d’autres arbres fruitiers. La vallée de la Saoura a, ici, environ deux à trois kilomètres de large, l’oasis est appuyée au flanc gauche … On y a une vue admirable sur la vallée, ses deux coudes, la Hamada, l’oasis, le ksar. On domine tout et c’est charmant, car l’oasis, quoique de six à sept mille palmiers seulement, est très belle par l’harmonie exceptionnelle de sa forme, le bon entretien de ses jardins, son air de prospérité … et au-delà de ce paisible et frais tableau, on a les horizons presque immenses de la Hamada se perdant dans ce beau ciel du Sahara qui fait penser à l’infini et à Dieu–qui est plus grand–Allah Akbar! Comme climat, langue, mœurs, Béni Abbès ressemble à Tissint, Tatta, Aqqa.” Ces trois localités sont des étapes de son voyage au Maroc, et il est heureux d’en retrouver là le souvenir.

Il est dans son désert, suffisamment isolé pour jouir de sa solitude, assez près cependant du village pour rendre service à qui aura besoin de lui. Il réalise son vœu de pauvreté, de silence auprès de Dieu: “S’il est doux, écrit-il, d’être en tête à tête avec ce qu’on aime au milieu du silence, du repos universel et de l’ombre qui couvre la terre, combien il est doux d’aller en ces heures jouir du tête-à-tête avec Dieu! Heures d’une incomparable félicité, heures où pendant que tout se tait, tout dort, tout noyé dans l’ombre, je vis aux pieds de Dieu !” Ces heures de recueillement lui apportent une grande joie. “Heureux, je le suis, car mon Bien-aimé est bienheureux, immuablement bienheureux et son bonheur m’inonde d’une paix profonde”. Et il ajoute: “Mais je voudrais faire partager mon bonheur à d’autres”. De quelle manière et dans quelle mesure?

Son installation, sa nourriture, ses vêtements, sont sous le signe de la plus grande pauvreté: un jour, un militaire, étonné de l’étroitesse de sa cellule, le lui fait remarquer, et, insistant, lui dit : “Mais vous n’avez même pas la place de vous étendre. – Est-ce que Jésus sur la Croix était étendu?” répondit-il d’un ton souriant. Aussi la nouvelle de la présence de ce curieux roumi, de l’austérité de sa vie, se répandit vite dans les populations et suscita la curiosité, l’admiration puis la confiance. Charles de Jésus, car c’est ainsi qu’il s’appellera désormais, est d’un abord facile, ce qui amènera le contact avec tous. Les visiteurs, d’abord rares et timides, s’enhardissent et deviennent quémandeurs; le Christ lui aussi était toujours suivi de mendiants et de solliciteurs. Et ce qu’il désira se réalisa: son ermitage devint la khaoua, c’est-à-dire la Fraternité, demeure où la porte est toujours ouverte, de nuit comme de jour. A celui-ci le “marabout,” comme il est appelé, donne des vivres, à celui-là un morceau de tissu, à un autre un peu d’argent.

Parmi ces visiteurs, certains reviennent, et c’est souvent des confidences qui s’ébauchent, un cœur qui s’ouvre ; quant à ceux qui ne reviennent pas, Charles de Jésus essaie de les retrouver, de les ressaisir, de percer l’armure de ces âmes timorées. Et alors il s’inquiète, s’interroge et prend des résolutions: “Il faut, écrit-il, vivre avec les indigènes avec la familiarité de Jésus avec les apôtres. Par dessus tout, voir Jésus en eux et par suite les traiter non seulement avec égalité et fraternité, mais avec l’humilité, le respect, le dévouement recommandés par cette loi”. Et ainsi, jour après jour, il continue son apostolat par l’amour, don d’amitié gratuit d’où toute notion de reconnaissance est bannie.

Il ne faut pas tenir à Béni Abbès, pas plus qu’il n’avait fallu tenir à Nazareth, bien que la paix de l’âme y fût profonde ; il sait que sa vocation est de vivre la vie cachée du Christ dans le labeur, l’austérité, la solitude. Le 30 juin 1903, il écrit à Mgr. Guérin, son préfet apostolique: “Ici suffisamment de personnes, de musulmans, ont reçu l’exposition de la doctrine chrétienne; les âmes de bonne volonté ont toutes pu venir, toutes ont pu apprendre; tous ceux qui veulent voir, voient que notre religion est toute de paix et d’amour, qu’elle est profondément différente de la leur: la leur ordonne de tuer, la nôtre d’aimer ; je n’ai pas encore de compagnon : le Maroc ne s’ouvre pas”. Ce rêve d’avoir des compagnons ne se réalise pas.

Et puis Béni Abbès est un lieu trop riant, la vie y devient facile. Nul plus que le P. de Foucauld ne subit l’emprise de la géographie physique des sites. Il a trouvé dans Saint Jean de la Croix, dont il était le lecteur fervent, une phrase conforme à son comportement : “Il convient de choisir le lieu qui occupe le moins le sens et le fait oublier. Pour cela un endroit solitaire et même rude d’aspect me paraît préférable … De cette nature sont les montagnes élevées au-dessus de la terre, ordinairement dénuées de végétation et n’offrant aucun intérêt sensible.”

Par ailleurs, Laperrine, l’ “ami incomparable”, lui a écrit ses projets de tournées jusqu’aux extrêmes limites du Sahara, insistant sur le Hoggar; il lui raconte même l’exploit héroïque d’une femme targuie de famille noble qui, lors du massacre de la mission Flatters, s’est opposée à l’achèvement des blessés qu’elle soignait dans sa tente dont elle avait prohibé l’entrée à un chef guerrier sanguinaire.

Charles de Jésus confie à son directeur, l’abbé Huvelin, son désir d’aller chez les Touareg, peuplade nomade vivant surtout de rapines, ne respectant aucune loi naturelle. Ils sont véritablement les “brebis les plus délaissées” qu’il faut civiliser et évangéliser. L’abbé Huvelin lui répondit: “Suivez votre mouvement intérieur, allez où vous pousse l’Esprit. Ce sera toujours la vie solitaire partout où Jésus vous accueillera en lui pour vous donner aux âmes.”

Il demande à Mgr. Guérin l’autorisation de partir chez les Touareg, lui exposant son plan d’activité dans un lieu où “avec la solitude, j’aurai la sûreté, afin d’y apprendre la langue targuie et d’y préparer la traduction en targui de quelques livres (c’est le Saint Evangile que je voudrais traduire, en langue et écriture touareg) … “ Il s’établirait dans une cellule étroite où il mènerait une vie solitaire, mais sans clôture, s’efforçant d’avoir des “relations de plus en plus intimes avec les Touareg…, de voyager à petites journées de manière à causer le long des voyages avec les indigènes” … De plus, il irait “au moins une fois par an dans chacun des postes, Adrar, In Salah, Timimoun, Béni Abbès et les autres où il y a des Européens”. Ce projet, que Frère Charles de Jésus plaçait cependant sous le signe de la sûreté, fut d’abord mal accueilli par Mgr Guérin, qui faisait entrevoir les difficultés de ravitaillement, l’importance peut-être exagérée des services à demander. Et élevant la question sur un plan supérieur, il ajoutait: “La grâce de Dieu peut facilement faire triompher de tous les obstacles; l’humilité cependant et la défiance de soi-même poussent à ne pas s’exposer sans des inspirations évidentes de Dieu, à des situations qui exigent des grâces extraordinaires: agir autrement, s’engager à la légère en ces situations serait être téméraire et tenter la Providence …” Cependant, sur l’insistance de Charles de Jésus, Mgr. Guérin donnait l’autorisation demandée.

Tamanrasset

Laperrine voudrait aller jusqu’à Tombouctou pour jeter un pont qui relierait l’Algérie à l’Afrique Occidentale Française. Il décida Charles de Foucauld à se joindre à sa colonne le moment venu, lui conseillant de s’installer préalablement à Akabli, lieu très favorable pour apprendre la langue des Touareg, et de l’y attendre. Le P. de Foucauld est au comble de la joie, car “plus je voyagerai, écrit-il, plus je verrai d’indigènes, plus je serai connu d’eux et j’espère entrer en possession de leur amitié et de leur confiance”. Il s’installe à Akabli. Laperrine y arrive trois semaines plus tard. Ensemble, ils partent vers le sud, mais ils ne purent aller jusqu’à Tombouctou. Rentré à Béni Abbès, Frère Charles de Jésus remplace le travail manuel, qu’il honore particulièrement, par des copies de textes touareg qu’il a faites au cours de sa randonnée. Il avoue que, fatigué, il n’a plus l’intention de faire de nouvelles absences, qu’il désire rester dans la Fraternité “à laquelle il ne manque qu’une chose: des Frères–au milieu desquels, dit-il, je puisse disparaître dans le silence et la solitude.” Défaillance passagère car, quelques jours plus tard, il reçoit de Laperrine deux lettres pressantes pour lui offrir d’aller passer l’été au Hoggar avec le capitaine Dinaux. “Je vais lâcher Foucauld dans le Sahara, écrivait Laperrine à un ami. Il étudie la langue des Touareg, a des médicaments et deux méhara pour se déplacer. Vois-tu, si le comte de Foucauld, ce hussard ex-explorateur, Trappiste en rupture de ban, devient chapelain de Moussa ou d’un autre de même poil, ce ne sera pas banal “. Le P. de Foucauld accepte avec empressement, car c’est pour lui la volonté de Dieu qui se manifeste encore. Il part et, le 13 août 1905, il arrive à Tamanrasset. L’hypothèse humoristique de Laperrine devenait une réalité. Mais pour assurer la sécurité de son ami, le “saharissime” décida de ménager une entrevue entre le missionnaire et Moussa Ag Amastane, chef du Hoggar. Celle-ci revêtit une solennité digne du camp du Drap d’Or: serments de protection furent prononcés de part et d’autre. Charles de Jésus s’installe à Tamanrasset.

Et il va dans les douars, pénétrant sous les tentes, passant de longues heures au milieu des hommes, des femmes, des enfants, écoutant beaucoup, parlant peu. Il veut apporter à ces populations les bienfaits de notre christianisme, mais “il est bien entendu, écrit-il à son ami Fitz-James, que dans la hiérarchie des valeurs il faut donner la première place aux bienfaits spirituels sans omettre les bienfaits matériels parce que: 1. Dieu nous l’ordonne formellement; 2. Les bienfaits matériels contribuent puissamment à bien disposer intérieurement les âmes et constituent par là un très réel bienfait spirituel.”

L’Assekrem

Frère Charles de Jésus apprend qu’à quatre-vingts kilomètres de Tamanrasset, vers le plateau qui a nom Assekrem, se trouvent d’autres Touareg qu’il voit peu ou qu’il ne verra peut-être jamais, car il y a des femmes, des enfants, des vieillards qui ne sortent pas. L’Assekrem est à près de deux mille huit cents mètres d’altitude; peu importe, il décide d’y construire un deuxième ermitage: il doit aller partout où se trouvent des âmes à sauver. Il s’y installe, voit beaucoup de monde quand il y a du pâturage, et peu lors de la sécheresse. “Cette solitude momentanée, écrit-il, me va, car elle me laisse tout mon temps pour travailler à ces études de langue targuie qui durent depuis si longtemps et que j’ai hâte d’achever.” Il fait ainsi allusion à une entreprise considérable, à une œuvre dont l’ampleur est un sujet d’étonnement lorsque l’on songe à tout le temps que lui prenaient ses Touareg. Elle ne comprend, en effet, pas moins de quatre dictionnaires, et, en outre, un recueil de poésies et proverbes, un recueil de textes en prose, et une grammaire targuie. Il se presse cependant dans la mesure de ses forces qu’il sent décliner. Le 17 mars 1913, il écrit à Mme. de Bondy: “Soyez sans inquiétude ; je n’ai plus la force de me tuer de travail; quand je dépasse un peu la mesure, je le vois tout de suite et je ralentis; je donne tout ce que je peux, mais c’est bien loin de ce que je donnais autrefois; d’ailleurs je suis si souvent interrompu par les visites que j’ai bien des récréations imprévues.”

La vie qu’il a menée à Béni Abbès, il la mènera à Tamanrasset et à l’Assekrem : prières, visites de charité, travail linguistique destiné à ceux qui viendront après lui en véritables missionnaires, “faire tout mon possible, écrit-il, pour le salut des peuples infidèles de ces contrées dans un oubli total de moi”. Par son exemple, il gagne les cœurs.

La nouvelle de la guerre le touche le 3 septembre 1914, lui posant un angoissant problème. Mais ordre lui est donné de rester au Hoggar au milieu de ces populations où sa seule présence est peut-être le gage de leur tranquillité. Et il reste, dans le bouleversement général, sentinelle avancée, sans autres armes que l’amour qu’il porte à tous, les considérant comme des frères, et le don qu’il leur fait de toute sa personne.

Le 1er décembre 1916. Le P. de Foucauld est seul dans son bordj à Tamanrasset, il est occupé à sa correspondance, qu’il n’a jamais abandonnée, dans la pensée qu’elle est salutaire à tous les destinataires.

A Louis Massignon: “Il ne faut jamais hésiter à demander les postes où le danger, le sacrifice, le dévouement sont plus grands: l’honneur, laissons-le à qui le voudra, mais le danger, la peine, réclamons-les toujours. Chrétiens, nous devons donner l’exemple du sacrifice et du dévouement.”

A Mme. de Bondy: “ … Notre anéantissement est le moyen le plus puissant que nous ayons de nous unir à Jésus et de faire du bien aux âmes ; c’est ce que Saint-Jean de la Croix répète presque à chaque ligne; quand on peut souffrir et aimer, on peut beaucoup, on peut le plus qu’on puisse en ce monde. On sent qu’on souffre, on ne sent pas toujours qu’on aime, et c’est une grande souffrance de plus, mais on sait qu’on voudrait aimer, et vouloir aimer, c’est aimer …”

A sa sœur Mme. Raymond de Blic : “Que le bon Dieu vous conserve tous en bonne santé jusqu’à mon retour en France, après la victoire … J’ai fort avancé, mais non achevé, mes petits travaux de langue targuie.”

La correspondance terminée, il se met en prière. “Cœur sacré de Jésus, merci de nous donner cette leçon, cet exemple si clair de ce que vous voulez de nous. A votre exemple, à celui de vos saints parents, votre serviteur, votre petit frère doit au premier signe de vous, voler, se levant sur-le-champ, en pleine nuit, comme Saint-Joseph, voler à tout voyage, toute fuite, tout exil; il doit y voler dans la faim, la fatigue, le froid, les intempéries, les difficultés des chemins, les dangers, le dénuement, toutes les difficultés, toutes les souffrances, comme la Sainte Famille …”

Un coup est frappé à la porte, le P. de Foucauld se précipite et ouvre. C’est le drame, l’assassinat par ces hommes qui lui sont chers entre tous.

“Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, étendu à terre, méconnaissable, couvert de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué…”

Georges Gorrée


Bibliographie

ŒUVRES GEOGRAPHIQUES ET LINGUISTIQUES de Charles de Foucauld:

RECONNAISSANCE AU MAROC Paris. Challamel. 1888 in-fol. 495 p. (101 dessins et 4 photos)

ATLAS Paris. Challamel. 1888. in-fol : 20 feuilles au 1/250.000e.

“VOCABULAIRE TOUAREG-FRANÇAIS DES NOMS PROPRES DE LIEUX ET DE TRIBUS (Dialecte de l’Ahaggar).” stencyl : 1907. 44 p.

EDITION REVISEE DE L’ESSAI DE GRAMMAIRE TOUAREGUE DE MOTYLNSKI. Alger 1908.

DICTIONNAIRE ABREGE TOUAREG-FRANÇAIS (Dialecte de l’Ahaggar) Alger. J. Carbonnel. Tome l 1919. 652 p. et tome II 1920. 783 p.

NOTES POUR SERVIR A UN ESSAI DE GRAMMAIRE TOUAREGUE (Dialecte de l’Ahaggar) Alger. J. Carbonnel. 1920. 172 p.

TEXTES TOUAREG EN PROSE (Dialecte de l’Ahaggar) Alger. J. Carbonnel. 1922. 239 p.

POESIES TOUAREGUES (Dialecte de l’Ahaggar) Paris. E. Leroux. Tome l 1925. 659 p. et tome II 1930. 462 p.

DICTIONNAIRE ABREGE TOUAREG-FRANÇAIS DES NOMS PROPRES (Dialecte de l’Ahaggar) Paris. Larose. 1940. 364p.

DICTIONNAIRE TOUAREG-FRANÇAIS Imprimerie Nationale de France. 1951. 4 tomes.

ECRITS SPIRITUELS de Charles de Foucauld

ECRITS SPIRlTUELS, préface de R. BAZIN

Paris de Gigord. 1924. 269 p.

DIRECTOIRE, introduction de L. MASSIGNON Paris. 1933. 145 p.

LE MODELE UNIQUE Marseille, Publiroc. 1935. 22 p.

L’EVANGILE PRESENTE AUX PAUVRES DU SAHARA Grenoble. Arthaud. 1947. 226 p.

VIE DE JESUS (textes d’Evangile) Grenoble. Arthaud. 1948. 160 p.

NOUVEAUX ECRITS SPIRITUELS, préface de P. Claudel Paris. Plon. 1950. 236 p.

PENSEES ET MAXIMES, introduction de G. Gorrée Paris. La Colombe. 1953. 96 p.

ŒUVRES SPIRITUELLES (Anthologie) Paris. Seuil. 1958. 832 p.

CORRESPONDANCES

CH. de FOUCAULD LETTRES A HENRY DE CASTRIES

Paris. Grasset. 1938. 244 p.

CHARLES DE FOUCAULD ET MERE SAINTE MICHEL (lettres inédites).

Paris. Saint Paul. 1946

LES AMITIES SAHARIENNES DU PERE DE FOUCAULD. Lettres aux officiers publiées par G. Gorrée.

Grenoble. Arthaud. 2 vol. 1946. 406 et 506 p.

LETTRES A MONSEIGNEUR CARON

Paris. Bonne Presse. 1947.

LETTRES AU GENERAL LAPERRINE, introduction de G. Gorrée

Paris. La Colombe. 1955. 168 p.

ABBE HUVELIN, CORRESPONDANCE INEDITE présenté par J. F. Six

Tournai. Desclée 1957. 312 p.

LETTRES A MADAME DE BONDY, Introduction de G. Gorrée

Paris. Desclée de Brouwer. 1966. 256 p.

BIOGRAPHlES PRINCIPALES

R. Bazin, CHARLES DE FOUCAULD, EXPLORATEUR DU MAROC, ERMITE DU SAHARA

Paris. Plon 1921. 488 p.

G. Gorrée, SUR LES TRACES DE CHARLES DE FOUCAULD

Dernière édition : Paris. La Colombe. 1953. 356 p.

BIOGRAPHIES

P. Lesourd, LA VRAIE FIGURE DU PERE DE FOUCAULD

Paris. Flammarion. 1933. 286 p.

R. Pottier, LA VIE SAHARIENNE DU PERE DE FOUCAULD

Paris. Plon. 1939. 302 p.

J. Joergensen, CHARLES DE FOUCAULD (traduit du danois)

Paris, Beauchesne, 1941.

J. Vignaud, FRERE CHARLES OU LA VIE HEROIQUE DE CHARLES DE FOUCAULD

Paris. Albin Michel. 1943, 316 p.

P. Coudray, CHARLES DE FOUCAULD

Alger. Chaise. 1949. 72 p.

M. Carrouges, CHARLES DE FOUCAULD, explorateur mystique

Paris. Cerf. 1954, 298 p.

P. Nord, LE PERE DE FOUCAULD, FRANÇAIS D’AFRIQUE

Paris. Fayard. 1957. 220 p.

J. Charbonneau, LA DESTINEE PARADOXALE DE CHARLES DE FOUCAULD Paris. Milieu du Monde. 1958. 192 p.

A. Merad, CHARLES DE FOUCAULD AU REGARD DE L’ISLAM

Lyon. Chalet. 1975. 135 p.

ETUDES DE SPIRITUALITE

M. M. Vaussard, CHARLES DE FOUCAULD, MAITRE DE VIE INTERIEURE

Juvisy. Cerf. 1938. 237 p.

P. de Boissieu, LE PERE DE FOUCAULD Paris. Perrin. 1945. 256 p.

J. F. Six, ITINERAIRE SPIRITUEL DE CHARLES DE FOUCAULD

Paris. Seuil. 1958. 459 p.

DOCUMENTS

G. Gorrée, CHARLES DE FOUCAULD INTIME, documents inédits

Paris. La Colombe. 1952. 176 p.

ALBUM

CH. DE FOUCAULD ALBUM DU CENTENAIRE. Préface de Mgr MERCIER. Introduction de R. VOILLAUME. Textes et légendes de G. GORREE.

Lyon. Chalet. 1958. 208 p. 220 photos.

La collection des “CAHIERS CHARLES DE FOUCAULD” comprend 44 volumes illustrés, publiés entre 1946 et 1956. Directeur-fondateur : Georges Gorrée. Rédacteur en Chef : Jean Charbonneau.

A notre connaissance, il existe en plus des livres cités ci-dessus, environ 70 ouvrages de vulgarisation et des centaines d’articles consacrés à Charles de Foucauld, en France et à l’étranger. Nous nous excusons de ne pouvoir les signaler ici, cela dépasserait le cadre de cette étude.


Cet article, réimprîmé ici avec permission, est tiré d’Hommes et Destins: Dictionnaire biographique d’Outre-Mer, tome 2, volume 1, publié en 1977 par l’Académie des Sciences d’Outre-Mer (15, rue la Pérouse, 75116 Paris, France). Tous droits réservés.