Phiri, Chibanga

1905-1975
Eglise du Nazaréen
Mozambique

Cacuta Chibanga Phiri était un des premiers convertis à la mission de Furancungo, à 140 kilomètres au nord de la ville de Tete, dans le nord-ouest de Mozambique. Quand les missionnaires sont arrivés en 1931, Phiri était un jeune homme, et déjà marié. L’administrateur du gouvernement à Boma, à Furancungo, l’a envoyé à la mission pour aider le missionnaire Henry C. Best (Shakoka) avec la construction. Phiri a vite été converti et l’a montré dans sa vie. Il a commencé à travailler dans la cuisine, et ensuite comme évangéliste. Phiri a montré qu’il était un bon ouvrier pour le Seigneur et il a reçu une formation de la part des missionnaires Henry et Lucy Best au début des années 1930.

Il devait hériter de la position de chef de sa région natale, mais il l’a refusée, parce que, comme il a dit, il aurait été obligé de s’acquitter de nombreuses pratiques traditionnelles non chrétiennes s’il était chef. Quand il était jeune homme, on lui a donné une enfant qui devait devenir sa future femme, et il la portait partout sur son dos.

Sa femme se disait convertie, mais elle a toujours été source de nombreuses épreuves dans sa vie. Un dimanche, il est venu au culte et a donné le sermon avec leur plus jeune bébé au dos, quelque chose qui n’est pas convenable pour un homme selon leur coutume. Sa femme était à la maison, malade d’une dysenterie virulente. Ses bébés en sont tous tombés malades, et comme elle a attendu trop longtemps pour trouver de l’aide médicale, ils sont tous morts. Elle a reproché son mari d’avoir causé leurs morts parce qu’il n’avait pas honoré les esprits des ancêtres.

Souvent, elle ne voulait pas faire la cuisine pour lui. Il allait souvent aux prières à six heures du matin, et allait rendre visite aux gens dans leurs fermes sans avoir mangé. Il rendait visite aux gens, s’informait sur les malades et les absents, et rentrait chez lui dans l’après-midi. Elle le traitait tellement mal que les gens ont commencé à lui dire, “Pourquoi est-ce que tu ne te débarrasses pas d’elle ? Prends une autre femme. Tu n’as rien payé pour elle, laisse-la s’en aller !” [1] Phiri répondait à ce genre de remarques en disant, “Non, le Seigneur me l’a donnée, et je fais confiance au Seigneur. J’espère qu’un jour il la changera et fera d’elle une vraie chrétienne.” [2]

Une certaine jeune femme dans le district est devenue enceinte, et selon la rumeur qui circulait, Phiri en était responsable. Il a affirmé qu’il était innocent, et a été très peiné quand les missionnaires l’ont douté. Il était sûr que Dieu allait révéler la vérité tôt ou tard.

Un jour, après avoir passé une journée épuisante à parcourir les montagnes pour rendre visite aux gens chez eux, il est rentré chez lui pour trouver que sa nouvelle hutte avait brûlé, et que son nouveau vélo brûlait encore dans les cendres. C’était sa femme qui avait fait cela. Il avait travaillé dur pour construire une nouvelle maison et pour acheter ce nouveau vélo pour l’aider à faire ses visites pastorales. Par la suite, quand le bébé de la femme qui l’avait accusé est né, il s’est trouvé que cet enfant avait six doigts aux mains, et son innocence a été prouvée, parce que c’était-là un trait marquant d’une famille particulière de la région. Eventuellement, la femme de Phiri est devenue une vraie chrétienne.

Chibanga Phiri est descendu jusqu’à Gazaland en 1954, pour participer à la réunion annuelle qui se tenait là. Il a été ordonné par G. B. Williamson en 1963, et il a ainsi été le premier pasteur nazaréen de Tete à être ordonné.

Pendant la guerre contre le gouvernement du Portugal, en 1970, quand il était trop dangereux de continuer le travail dans cette région, les missionnaires Fairy Cochlin et Oscar Ntshava (montagne), ainsi que Marjorie Stockwell, ont été obligés de quitter la région. Il était pratiquement impossible de voyager, parce que beaucoup de routes étaient minées, et les gens ont beaucoup souffert. La guerre a continué jusqu’à ce que le Mozambique gagne son indépendance en 1975, quand un gouvernement marxiste/communiste a pris le pouvoir. Quand ils ont pu, de nombreux chrétiens ont fui jusqu’au Malawi, accompagnés de leur pasteur, Chibanga Phiri.

Le rév. Chibanga Phiri est mort de la pneumonie au Malawi. [3] C’était un vrai homme de Dieu, un homme fidèle.

Paul S. Dayhoff


Notes:

  1. Les coutumes de mariage étaient différentes dans cette région. Le mari, qui devait normalement payer la dot de la (future) mariée, était obligé d’aller vivre et de travailler comme quelqu’un de l’extérieur dans la propriété de la famille de la femme, n’ayant rien à dire par rapport aux affaires de la famille.

  2. Rapport du rév. Henry Pope, envoyé par les révs. Pieter et Betty van den Berg, septembre 1999.

  3. Notes de Carol Zurcher. Heather Howie, lettre du 13 août, 1999.


Cet article est reproduit, avec permission, de Africa Nazarene Mosaic : Inspiring Accounts of Living Faith [Mosaïque nazaréen de l’Afrique : histoires édifiantes de foi vivante], première édition, (Florida, Gauteng, South Africa : Africa Nazarene Publications, 2002), copyright © 2001, par Paul S. Dayhoff. Tous droits réservés.