Monnet, Alexandre

1812-1849
Église Catholique
Réunion

L’histoire de Monseigneur Alexandre-Hippolyte Monnet, qui naquit à Cambrai (Nord) en 1812, concerne davantage l’ile de la Réunion où il fut missionnaire de 1840 à 1848 et où il s’y fit remarquer par son zèle (au point d’avoir reçu l’appellation de “Père des noirs”) et spécialement par ses démarches et ses instances en faveur de l’abolition de l’esclavage.

Il fut aussi, d’une façon éphémère (du 2 mars au 22 novembre 1848) supérieur de l’ancienne Société du St. Esprit, rue des Postes (actuellement rue Lhomond) à Paris. On doit lui reconnaître d’avoir été fort bien inspiré en transmettant son supériorat au Père Libermann, fondateur d’une nouvelle Congrégation qui fusionna avec le Séminaire et l’Institut du St Esprit le 24 août 1848, fusion approuvée par Rome le 26 septembre suivant.

Le 3 octobre 1848, M. Alexandre Monnet fut nommé Vicaire Apostolique (Évêque) de Madagascar, devenant ainsi, après Mgr Dalmont, Préfet Apostolique de 1841 à 1847, le deuxième chef spirituel de l’Église Catholique dans la Grande Ile. Mgr Monnet s’embarqua le 7 juin 1849, à Cherbourg, sur le “Chandernagor,” navire de l’État. Après avoir fait escale à l’île de Gorée au Sénégal et à Rio de Janeiro, il parvint en rade de St. Denis (Réunion) le 19 octobre. De là, le 9 novembre 1849, Mgr Monnet se réembarqua pour l’île Sainte Maire qui jouxte la Côte orientale de Madagascar. Il y séjourna à la mission du 12 au 19 novembre pour visiter la paroisse et les écoles et conférer le sacrement de Confirmation. Il reprit le bateau pour les Comores et à la hauteur du cap d’Ambre souffrit d’un accès de fièvre pernicieuse.

Dès l’arrivée à Mayotte, le 1er décembre 1849, Mgr Monnet demanda son admission à l’hôpital: en quelques heures son état empira et dans la soirée de ce 1er décembre l’Évêque de Madagascar expirait sans avoir pu toucher le sol de la Grande Ile. Dès 1841 M. Monnet avait demandé à aller à Madagascar pour y travailler pour l’Église ou y mourir martyr. La Providence en avait décidé autrement.

Augustin Berger


Cet article, réimprîmé ici avec permission, est tiré d’Hommes et Destins: Dictionnaire biographique d’Outre-Mer, tome 3, publié en 1977 par l’Académie des Sciences d’Outre-Mer (15, rue la Pérouse, 75116 Paris, France). Tous droits réservés.